Projet de loi C30
Nous en avons déjà parlé un peu la semaine dernière, lors de intervention à l’émission jeudi dernier, mais je pense que nous devons en reparler dans ma chronique de cette semaine.
Bref retour sur C-30
Comme vous le savez, le projet de loi C-30, rebaptisé « le projet de loi pour la protection des enfants contre les cyberprédateurs », a été déposé mercredi dernier et a été mal reçu par l’opposition et par les internautes. Même quelques députés conservateurs ont manifesté un certain inconfort avec le projet législatif.
Avec cette future loi, le gouvernement veut obliger les fournisseurs de services Internet et de cellulaires à dévoiler à la police – sans mandat judiciaire – une série d’informations permettant d’identifier une personne qui a commis ou est soupçonnée d’avoir commis un crime.
Mais selon les partis d’opposition, C-30 permet l’espionnage des Canadiens qui utilisent un téléphone cellulaire ou un ordinateur et constitue une atteinte indue à leur vie privée.
Nouveaux éléments dans le dossier
Le malaise s’est répandu chez les conservateurs, pour qui l’habitude est de se méfier des lois qui obligent la divulgation d’informations personnelles. Ils avaient d’ailleurs utilisé cet argument pour se débarrasser du registre des armes d’épaule et du long formulaire de recensement. On peut penser que la commande de passer cette loi vient de haut.
« J’ai des préoccupations sur une façon dont ce projet est rédigé, a déclaré le député conservateur John Williamson. Je pense que c’est trop envahissant, la façon dont il est fait actuellement, et cela doit être évalué. Je crois qu’il y a beaucoup d’inquiétude au pays. »
Quelles genres d’informations est-ce qu’on pourrait accumuler sur moi avec cette loi?
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Mon adresse IP, ou plutôt l’adresse IP de l’ordinateur, ce qui ne garanti pas qui était l’utilisateur alors en ligne. Un voisin ou un hacker pourrait avoir utilisé mon réseau sans fil à mon insu, mais c’est mon adresse IP qui aura été dévoilée.
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Mon adresse MAC, cela permet d’identifier un appareil avec cette adresse qui est encodée dans chaque cartes de réseau. Cependant, cette adresse peut être ‘spoofée’ ou clonée.
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Les sites que j’ai visité, le contenu que j’ai regardé, mes requêtes, mon courriel, mes mots de passe, en fait tout le trafic internet en amont ou en aval de mon branchement internet. Le gouvernement peut déjà le faire avec Échelon et le Centre de la sécurité des télécommunications Canada. La différence, est que maintenant ils vont pouvoir l’utiliser au tribunal et ceux qui vous poursuivent, par exemple pour téléchargement illégal, vont aussi pouvoir y avoir accès.
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Si j’utilise un service comme Google Docs ou iCloud: toutes mes données.
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Si j’utilise gMail ou Hotmail: tout mon courriel.
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Toutes les donnes de mon téléphone cellulaire: coordonnées GPS, SMS et textos, mes photos, messagerie vocale, etc.
L’opposition dans ce dossier
Des internautes opposés au projet de loi ont décidé de ridiculiser la proposition du gouvernement en racontant des anecdotes volontairement insignifiantes, accompagnées du mot-clé #TellVicEverything (« dites tout à Vic ») ou du nom du compte du ministre. Ainsi, toute recherche sur le ministre aboutit à des centaines de messages moqueurs. Certains racontent par exemple ce qu’ils ont mangé au petit-déjeuner, ce qu’ils ont fait au bureau ou encore des détails sur le comportement de leur chien. Un internaute qui se présente sous le nom de Christian Rochon écrit par exemple sur le compte @crocMtl : « Je viens de manger un bagel au fromage ». Des politiciens, comme le député fédéral de Papineau Justin Trudeau ou Danielle Smith, la chef du parti albertain Wildrose, ont pris part au jeu.
Mercredi matin, le compte Twitter @Vikileaks30, ainsi nommé en référence au très connu Wikileaks, a entrepris de publier des informations personnelles au sujet du ministre. Le compte a été fermé vendredi.
Sources:
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2012/02/15/006-cybersurveillance-projet-loi-c-30-amendement.shtml
http://www.radio-canada.ca/regions/alberta/2012/02/17/004-toews-politique-twitter.shtml
http://www.cbc.ca/news/canada/story/2012/02/17/vikileaks-closed.html
Mais, dès le lendemain, le partage de musique et de films n’avait pas beaucoup diminué, il avait simplement été déplacé vers de nouveaux services, et de nouveaux serveurs informatiques en Europe, plutôt qu’en Amérique. Putlocker (+27,5%), NovaMov (+14,6%), MediaFire, Rapidshare et les autres (+17,1%) étaient les grands gagnants dans les 24 heures après l’arrêt de Megaupload.
Le principal impact de l’arret de MegaUpload? Des téraoctets de données de partage de fichiers provient maintenant de l’Europe sur les liaisons transatlantiques vers les États-Unis.
